Une fois les vendanges effectuées, le travail du vigneron ne fait que
commencer. Une fois la récolte ramenée au chai, elle a tout d’abord été triée
sur table afin de la nettoyer des quelques feuilles qui pouvaient s’y trouver.
Au domaine de la Queyssie, nous ne procédons pas à l’éraflage des grappes
(séparer les grains de la rafle) car celui-ci est réalisé directement lors des
vendanges.
Une fois la vendange propre, elle est versée dans une vis sans fin chargée
de l’acheminer jusqu’au pressoir hydraulique. Il ressort de ce pressoir un jus
de raisins chargé en particules (peau, pépin…). A ce stade, il s’agit (encore)
d’un simple jus de raisin. Le taux de sucre contenu dans celui-ci va en
revanche définir le taux d’alcool du vin. La quantité de sucre contenue est
d’ailleurs mesurée en « degré d’alcool potentiel » (ex : ce jus
de raisin contient 13° de potentiel d’alcool, ce qui signifie qu’après
fermentation le vin obtenu aura environ 13° d’alcool).

Ce jus de raisin est ensuite acheminé dans nos cuves. Nous utilisons des
cuves en fibres de verre, toutes surplombées d’une passerelle de sécurité pour
pouvoir accéder facilement à leur ouverture supérieure.


Une dizaine de jours de macération
Le raisin va alors macérer, c'est-à-dire que le jus de raisin,
originellement blanc, va se colorer au contact des peaux et obtenir ainsi sa
couleur. La majorité des composants aromatiques du raisin est également contenu
dans la peau et va se transmettre au jus durant cette phase de macération. Pour
l’obtention d’un vin rosé, on limitera simplement le temps de macération. A
l’exception du Champagne rosé, le vin rosé ne peut pas légalement être obtenu
par un mélange de vin rouge et de vin blanc ! Cette phase de macération se
déroule sous haute surveillance. Il est essentiel de bien contrôler la
température du raisin. Une température trop élevée peut en effet entrainer un
départ non-contrôlé de la fermentation alcoolique. C’est notamment pour cette
raison que les vendanges du domaine sont effectuées exclusivement à la nuit
tombante ou carrément durant la nuit, souvent sur le coup des 3h du matin. Les
raisins arrivent ainsi à température idéale au chai, ce qui limite les risques
sans pour autant avoir besoin de refroidir la vendange. Au besoin, nous
disposons cependant d’un système de refroidissement des cuves. Il s’agit de
« drapeaux » en inox, que l’on plonge dans les cuves, et dans
lesquels circule de l’eau refroidie. Ce système va également servir à l’étape
suivante, lors de la fermentation alcoolique, afin de maintenir la vendange
entre 15 et 25°C.
Une semaine de fermentation alcoolique
A ce stade, toujours la moindre goutte d’alcool dans notre jus. Va alors
débutée la fermentation alcoolique. La réaction chimique est assez
simple : le sucre va se transformer en alcool sous l’action des levures,
en rejetant gaz carbonique et chaleur.
Réaction chimique de la fermentation alcoolique:
Glucose (C6H12O6) ==> 2 Éthanol (C2H5OH) + 2 Gaz Carbonique (CO2)
La température doit être contrôlée durant toute cette phase sensible. Du
fait de la réaction chimique, la température a tendance à s’élever, mais une
température supérieure à 35° aurait pour conséquence de tuer les levures, et
donc de stopper notre fermentation. De plus, la température va également
définir le caractère du vin. Une température faible (autour de 15°C) va être
adaptée à des vins à boire rapidement, alors que pour des rouges de garde, la
température de fermentation se situera d’avantage autour de 20-25°C, voir
28°-30° pour des grands vins de garde. Le vin est également aéré durant cette
phase, afin de permettre un travail efficace des levures. La phase liquide est
remontée au sommet de la cuve, sur le chapeau (ensemble des particules qui
flottent en surface). Une fois cette phase terminée, nous allons procéder au
décuvage du vin, c'est-à-dire son transfert dans une autre cuve, en ouvrant les
robinets du bas de la cuve. On récupère ainsi le vin de goutte, le vin de
presse et le marc n’étant pas conservés.
La fermentation malo-lactique
Elle va permettre la transformation de l’acide lactique en acide malique,
limitant l’acidité perçue du vin et en favorisant sa stabilité. Cette phase va
apporter de la rondeur au vin et diminuer son acidité. Puis l’élevage… A partir
de là, le vin débute sa phase d’élevage, qui durera une année, et à l’issue de
laquelle le millésime sera consommable. Pour le millésime 2010 du domaine de la
Queyssie, il faudra attendre novembre 2011 pour le gouter. Mais il reste
cependant un certain nombre d’étapes essentielles avant la mise en bouteilles ,
notamment la filtration, le collage…